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Banlieues : où va l'argent public ?

On parle d'« investissement massif » dans les quartiers populaires. Voici ce que montrent les chiffres ouverts, en clair. On compare les communes de 10 000 habitants ou plus où au moins un quart des habitants vivent en quartier prioritaire (QPV) à celles qui n'en ont aucun. Voir en animation : 100 habitants d'un quartier prioritaire.

Combien reçoivent-elles ?

Base 100 : une commune sans quartier prioritaire. Chaque barre orange dit combien reçoit ou dépense une commune à forte part de QPV pour 100 reçus ou dépensés ailleurs.

Dotations de l'État par habitant
Sans quartier prioritaire
100
25 % et plus en QPV
391

3,9 fois plus

Dotations de l'État par personne pauvre
Sans quartier prioritaire
100
25 % et plus en QPV
156

1,6 fois plus

Subventions d'investissement de l'État par personne pauvre
Sans quartier prioritaire
100
25 % et plus en QPV
108

à peu près autant

Dépenses d'équipement de la commune par personne pauvre
Sans quartier prioritaire
100
25 % et plus en QPV
36

2,8 fois moins

Dépenses de fonctionnement de la commune par personne pauvre
Sans quartier prioritaire
100
25 % et plus en QPV
45

2,2 fois moins

Beaucoup plus : dotations de l'État par habitant ; dotations de l'État par personne pauvre · À peu près autant : subventions d'investissement de l'État par personne pauvre · Moins : dépenses d'équipement de la commune par personne pauvre ; dépenses de fonctionnement de la commune par personne pauvre.

Où sont ces communes ?

Chaque rond est une commune qui compte au moins un quartier prioritaire. Plus il est gros, plus il y a d'habitants en quartier. La couleur dit si la commune reçoit plus ou moins que la moyenne des communes sans QPV. Cliquez sur un rond pour la fiche de la commune.

Dotations de l'État aux communes en 2025 (DSU, DSR et dotation forfaitaire). Personnes pauvres : sous 60 % du niveau de vie médian (Insee, 2021), au niveau de la commune. La référence est la moyenne des communes de 10 000 habitants et plus sans QPV.

Et dans le quartier lui-même ?

Les chiffres ci-dessus portent sur la commune. Mais l'Insee localise chaque équipement : on peut compter ceux qui sont dans le périmètre même des 1 362 quartiers prioritaires. Base 100 : le reste de la même commune, pour le même nombre d'habitants.

Chirurgiens-dentistes
29
Banques
33
Lycées
39
Supermarchés et hypermarchés
44
Médecins généralistes
70
Boulangeries-pâtisseries
71
Infirmiers
79
Collèges
83
Pharmacies
93
Établissements d'accueil du jeune enfant
139
Écoles maternelles et élémentaires
146

Moins nombreux dans le quartier : chirurgiens-dentistes (3,5 fois moins), banques (3,0 fois moins), lycées (2,6 fois moins), supermarchés et hypermarchés (2,3 fois moins), médecins généralistes (−30 %). Plus nombreux : écoles maternelles et élémentaires (+46 %), établissements d'accueil du jeune enfant (+39 %). Orange : moins qu'ailleurs dans la commune ; vert : plus ; gris : à peu près pareil (écart de moins de 10 %). La barre blanche marque 100.

Seuls comptent les équipements situés dans le périmètre du quartier (un service juste de l'autre côté de la rue n'est pas compté). Un nombre ne dit rien de la taille, des horaires ou de la qualité. Source : Insee, base permanente des équipements 2025, communes de 10 000 habitants et plus.

Où va l'argent en plus ?

Les communes à forte part de QPV dépensent 168 € de plus par habitant et par an pour leur fonctionnement (1 349 € contre 1 181 €). Elles reçoivent 239 € de plus de l'État par habitant. Voici où va l'écart de dépenses, poste par poste :

Frais de personnel +124 €Subventions et transferts versés +25 €Intérêts de la dette +10 €Achats et charges +6 €Autres +2 €

Le remboursement de la dette (intérêts et capital) pèse +56 € par habitant, soit environ 23 % des 239 € de dotations en plus : une part, pas l'essentiel. Leur épargne brute est du même ordre que celle des autres (215 € contre 207 €) : les recettes en plus sont dépensées.

La base ne détaille pas par fonction (école, social, sécurité) : on voit la nature des dépenses, pas leur usage. Euros courants, moyenne 2018-2024, communes de 10 000 habitants et plus.

Ce que ces chiffres ne montrent pas

Conclusion prudente : par habitant, ces communes reçoivent nettement plus ; par personne pauvre, l'avantage fond, et leurs dépenses d'équipement sont plus faibles. Il faudrait les montants ANRU par quartier et le droit commun pour dire si l'effort est « massif » ou non.

Pour aller plus loin : tous les chiffres, les méthodes et les sourcesLa page détaillée : dotations par groupe de communes, subventions DETR, DSIL et DPV, dépenses d'équipement et de fonctionnement, accès aux services, évolution depuis 2019, limites.

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