Banlieues : où va l'argent public ?
On parle d'« investissement massif » dans les quartiers populaires. Voici ce que montrent les chiffres ouverts, en clair. On compare les communes de 10 000 habitants ou plus où au moins un quart des habitants vivent en quartier prioritaire (QPV) à celles qui n'en ont aucun. Voir en animation : 100 habitants d'un quartier prioritaire.
Combien reçoivent-elles ?
3,9 fois plus
1,6 fois plus
à peu près autant
2,8 fois moins
2,2 fois moins
Où sont ces communes ?
Chaque rond est une commune qui compte au moins un quartier prioritaire. Plus il est gros, plus il y a d'habitants en quartier. La couleur dit si la commune reçoit plus ou moins que la moyenne des communes sans QPV. Cliquez sur un rond pour la fiche de la commune.
Et dans le quartier lui-même ?
Les chiffres ci-dessus portent sur la commune. Mais l'Insee localise chaque équipement : on peut compter ceux qui sont dans le périmètre même des 1 362 quartiers prioritaires. Base 100 : le reste de la même commune, pour le même nombre d'habitants.
Où va l'argent en plus ?
Les communes à forte part de QPV dépensent 168 € de plus par habitant et par an pour leur fonctionnement (1 349 € contre 1 181 €). Elles reçoivent 239 € de plus de l'État par habitant. Voici où va l'écart de dépenses, poste par poste :
Le remboursement de la dette (intérêts et capital) pèse +56 € par habitant, soit environ 23 % des 239 € de dotations en plus : une part, pas l'essentiel. Leur épargne brute est du même ordre que celle des autres (215 € contre 207 €) : les recettes en plus sont dépensées.
Ce que ces chiffres ne montrent pas
- La rénovation urbaine (ANRU). L'ANRU annonce 12 Md€ pour rénover 480 quartiers : ce n'est pas dans ces chiffres, qui ne couvrent que l'argent des communes et les dotations et subventions de l'État.
- Les écoles, la police, les transports, le RSA, les APL. Cette dépense publique n'est pas ventilée par quartier en open data.
- L'argent dans le quartier. Les dotations et les dépenses sont celles de la commune entière : aucun montant n'est publié par quartier. Seuls les services sont comptés dans le périmètre du quartier.
Conclusion prudente : par habitant, ces communes reçoivent nettement plus ; par personne pauvre, l'avantage fond, et leurs dépenses d'équipement sont plus faibles. Il faudrait les montants ANRU par quartier et le droit commun pour dire si l'effort est « massif » ou non.
Pour aller plus loin : tous les chiffres, les méthodes et les sourcesLa page détaillée : dotations par groupe de communes, subventions DETR, DSIL et DPV, dépenses d'équipement et de fonctionnement, accès aux services, évolution depuis 2019, limites.